
L’immigration, pour ou contre ? En voilà une question idiote, du genre : pour ou contre les marées ou les phases de la lune ? À l’échelle du temps long, l’immigration est quasiment un phénomène naturel. Aucune politique, aucune frontière n’a jamais été capable d’endiguer ce besoin qu’ont des êtres humains de quitter la terre qui les a vu naître pour se bâtir ailleurs une vie plus conforme à leurs aspirations.
Et les migrations économiques ? C’est pareil. Notamment parce que toute migration a aussi des effets économiques, même quand c’est une autre motivation qui est mise en avant. Tous les migrants adultes ont une activité économique, déclarée ou non, dans le cadre d’un métier ou au sein de la famille. Les milliers d’étrangers qui s’installent chaque année en Belgique ne sont ni des mendiants ni des voleurs. C’est donc qu’ils ont trouvé du travail, sous l’une ou l’autre forme, ou qu’ils vivent de celui de leurs proches. Pas d’angélisme : tout ne va pas pour le mieux. La main invisible du marché migratoire où chacun, employeur ou travailleur, ne recherche que son propre intérêt, ne produit pas spontanément de l’harmonie. Si on ne peut sûrement pas régler l’immigration à l’unité près, on ne doit pas s’interdire de l’orienter et de la réguler. L’objectif du « triple win », où tout le monde gagne – la société d’accueil, la société de départ et le migrant lui-même – ne sera sans doute jamais atteint. Mais il reste une (...)